Peugeot 406 : la grande berline française qui a vieilli mieux que beaucoup de plans marketing


La Peugeot 406, c’est un peu la berline française qui n’a pas compris qu’elle devait devenir ridicule avec le temps. Produite en Europe de 1995 à 2004, déclinée en berline, break et coupé, elle a remplacé la 405 avant de céder la place à la 407. Selon les données couramment reprises sur la série 400 de Peugeot, la 406 atteint environ 1 667 364 exemplaires produits, ce qui la place très au-dessus de la 407, donnée autour de 896 400 unités dans la même comparaison historique.

Son secret n’est pas mystérieux : une ligne sobre, un vrai confort, un excellent compromis tenue de route / souplesse, des moteurs essence et diesel globalement solides, et une version Coupé dessinée et produite chez Pininfarina, dont plus de 100 000 exemplaires ont été assemblés.

En 2026, la 406 est entrée dans cette zone automobile intéressante : encore accessible, déjà nostalgique, pas encore totalement spéculative – sauf pour certains beaux Coupés V6 qui commencent à se prendre pour des œuvres d’art italiennes, ce qui n’est pas complètement faux, mais pas totalement gratuit non plus.

Sur le marché français, on trouve encore des berlines autour de quelques milliers d’euros, tandis que les Coupés V6 propres peuvent dépasser les 10 000 €, avec certains exemplaires affichés bien plus haut.

“Une bonne voiture n’a pas toujours besoin de crier. Parfois, elle se contente de tenir la route, de démarrer le matin et de vous rappeler que le bon goût a déjà existé.”

Johnny Croutche

Une époque où une familiale savait rester une familiale

OK, OK, je vous vois venir : mais que vient faire la 406 ici ?

Déjà, la Peugeot 406 arrive dans un monde automobile qui paraît aujourd’hui presque exotique. Nous sommes en 1995. Une familiale est encore une berline tricorps ou un break. Une voiture de père de famille ne cherche pas obligatoirement à grimper sur des jantes de 20 pouces, à singer un véhicule d’intervention rapide ou à afficher une calandre de prédateur marin sous anxiolytiques.

La 406 appartient au segment des grandes familiales généralistes. Elle remplace la 405, qui avait déjà très bien travaillé pour Peugeot, et elle arrive avec une mission assez simple sur le papier : faire mieux, plus confortable, plus moderne, plus statutaire, sans perdre ce qui faisait la force de Peugeot à l’époque, à savoir le toucher de route. Pas le “ressenti dynamique premium” récité par un stagiaire marketing devant un PowerPoint.

Le vrai toucher de route : direction, train avant, équilibre, suspension, freinage, assiette. Bref, de la mécanique ressentie, pas du storytelling en leasing longue durée. Techniquement, la berline mesure environ 4,60 m de long, 1,76 à 1,77 m de large, autour de 1,40 m de haut, avec un empattement de 2,70 m et un coffre de 430 litres selon plusieurs fiches techniques. Ce sont des valeurs très raisonnables pour une familiale routière : assez grande pour avaler les kilomètres, assez compacte pour ne pas transformer chaque manœuvre en opération de franchissement.

Ce format dit beaucoup de l’époque. Une 406 n’avait pas besoin de peser deux tonnes pour donner l’impression d’exister. Une version 2.0 HDi 110 est donnée autour de 1 380 à 1 395 kg selon les fiches techniques, quand beaucoup de familiales modernes électrifiées ou SUV compactes dépassent facilement cette masse.

Ce n’est pas seulement une question de nostalgie. Moins de masse, c’est moins d’énergie à déplacer, moins de pneus à martyriser, moins de freins à cuire et souvent plus de naturel au volant. En logistique comme en automobile, la masse finit toujours par présenter la facture. Elle ne crie pas. Elle attend la pente, le rond-point, le freinage d’urgence ou la pompe à carburant. Puis elle se sert.


La ligne : sobre, française, et donc presque suspecte aujourd’hui

La 406 berline n’est pas spectaculaire. C’est même précisément sa qualité. Elle n’a pas cherché à impressionner au premier regard. Elle a préféré faire ce que les bonnes voitures savent faire : bien vieillir.

Sa ligne est équilibrée, fluide, assez basse, sans excès. Le restylage de 1999 modernise la face avant et l’arrière sans massacrer le dessin initial. Il y a là quelque chose d’assez rare : une voiture de grande diffusion qui ne tente pas de compenser son prix par des artifices visuels. Pas de fausses entrées d’air partout. Pas de lignes de caisse comme si le designer avait terminé le dessin après trois cafés serrés et une mauvaise réunion budgétaire. Juste une berline propre, lisible, proportionnée.

La 406 n’était pas un objet de luxe. Mais elle avait cette forme d’élégance rationnelle qui a longtemps caractérisé les bonnes Peugeot : 404, 504, 405, 406. Des voitures qui n’avaient pas besoin de menacer visuellement les autres usagers pour exister dans le paysage.

Et puis il y a le Coupé.

Là, évidemment, on change de pièce. La Peugeot 406 Coupé est présentée dans les années 1990 et produite chez Pininfarina. Stellantis rappelle que ce modèle marque un cas particulier dans la relation Peugeot-Pininfarina : le carrossier turinois intervient sur le design, l’ingénierie et la production, avec Davide Arcangeli cité pour le dessin.

Le résultat reste l’un des plus beaux coupés français de série. Ou l’un des plus beaux coupés italiens vendus avec un lion sur la calandre. On peut choisir sa chapelle, mais le dessin, lui, ne demande pas l’autorisation.

Peugeot indique qu’un 100 000e exemplaire du Coupé 406 est produit en juin 2003, et d’autres communications de la marque évoquent plus de 100 000 unités au total. Le chiffre généralement repris pour la production totale du Coupé tourne autour de 107 633 exemplaires, ce qui en fait une voiture relativement diffusée, mais suffisamment singulière pour être recherchée aujourd’hui.

C’est exactement le genre de voiture qui rappelle une chose désagréable : oui, les constructeurs généralistes savaient autrefois produire du beau sans expliquer pendant quinze minutes que c’était “premium accessible”.


Les moteurs : du HDi de bon père de famille au V6 de monsieur qui a gardé son âme

La 406 a connu une gamme moteur large : essence atmosphérique, essence turbo sur certaines versions, V6, diesels XUD puis HDi. Les fiches techniques recensent notamment des blocs essence 1.6, 1.8, 2.0, 2.2 et 3.0 V6, ainsi que des diesels 1.9, 2.0, 2.1 et 2.2 litres, selon les années et les marchés.

Dans l’usage quotidien, la star rationnelle reste évidemment le 2.0 HDi, surtout en 110 ch. Ce n’est pas un moteur qui donne envie d’écrire de la poésie. Mais il vous emmène loin, longtemps, avec une consommation raisonnable et un couple suffisant. Une fiche technique de 406 2.0 HDi 110 indique par exemple une vitesse maximale de 191 km/h, un 0 à 100 km/h en 11,7 s, une masse autour de 1 395 kg et un coffre de 430 litres.

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Dit autrement : ce n’est pas une sportive, mais ce n’est pas non plus une punition. Pour une familiale diesel de la fin des années 1990, c’est même un compromis très sérieux.

Le 2.2 essence 160 ch mérite aussi qu’on s’y attarde. Moins recherché que le V6, moins économique que le HDi, il représente pourtant une forme de juste milieu très agréable. Caradisiac rappelle pour la 406 2.2 16v des caractéristiques intéressantes : 2 230 cm³, 160 ch, 218 Nm, environ 1 370 kg, 218 km/h en vitesse maximale et 0 à 100 km/h en 9,0 s. Ce n’est pas violent. C’est mieux que cela : c’est cohérent.

Et puis il y a le V6 ES9, disponible notamment sur berline, break et Coupé. Selon les fiches techniques, le Coupé V6 de 1997 est donné à 3,0 litres, boîte manuelle 5 rapports, transmission aux roues avant, avec un prix neuf converti affiché autour de 32 700 € sur La Centrale, tandis que L’Argus donne une version Coupé V6 Pack 1997 à 36 100 € TTC.

Le V6 n’a pas transformé la 406 en machine de guerre. Il l’a transformée en grande routière souple, sonore, élégante. Et c’est déjà beaucoup. À une époque où beaucoup de moteurs modernes semblent avoir été conçus pour satisfaire à la fois une norme d’émissions, un tableur Excel et un robot de centre d’appel, un V6 atmosphérique a quelque chose d’indécemment humain.


Le châssis : le vieux talent Peugeot, celui qu’on ne remplace pas par un écran tactile

La Peugeot 406 a conservé dans la mémoire collective une excellente réputation de comportement routier. C’est souvent dit de manière vague, mais il y a du concret derrière.

La voiture est une traction, avec un train avant de type pseudo-MacPherson et un train arrière multibras selon les fiches techniques reprises par plusieurs bases automobiles. Ce train arrière n’est pas un détail. Il participe à cette capacité très Peugeot de l’époque : absorber la route, tenir le cap, rester confortable, sans donner l’impression de conduire un canapé sous anesthésie.

La 406 n’est pas une voiture “sportive” au sens strict, même en V6. Mais elle est saine. Et une voiture saine, dans la vraie vie, c’est souvent plus important qu’une fiche de puissance flatteuse. Une voiture saine fatigue moins, rassure plus, pardonne davantage et permet d’aller vite sans faire semblant d’être Sébastien Loeb en allant acheter des vis à bois.

Dans le langage LOGNET, on pourrait dire que la 406 est une voiture de flux. Elle n’est pas conçue pour le coup d’éclat, mais pour la continuité de service. Elle prend cinq personnes, des bagages, un plein de 70 litres selon Auto-Data, et elle avance. Elle n’a pas besoin d’une application mobile, d’un abonnement connecté ou d’une mise à jour OTA pour savoir pourquoi elle existe.

Elle transporte. Elle roule. Elle tient. Ce qui, à bien y réfléchir, est déjà une stratégie assez solide.


Le break : l’arme discrète des familles, des commerciaux et des gens qui ont des choses à faire

Le break 406 mérite son paragraphe. Parce que le break français des années 1990-2000 est une espèce automobile noble, aujourd’hui en voie d’écrasement sous la biodiversité envahissante du SUV.

La 406 break mesure autour de 4,74 m selon les fiches techniques, soit une quinzaine de centimètres de plus que la berline. Elle pouvait accueillir selon les versions 5 ou 7 places, ce qui en faisait une vraie voiture familiale avant que le mot “familial” ne signifie “hayon haut, coffre moyen et pneus hors de prix”.

Le break 406, c’est la voiture des départs en vacances, des représentants, des artisans propres, des pères qui ne voulaient pas de monospace, des gens qui avaient compris qu’un volume utile vaut parfois mieux qu’une posture. Avec un HDi, il pouvait avaler les kilomètres sans réclamer une raffinerie mobile. Avec un V6, il devenait l’un de ces breaks improbables que seuls les amateurs éclairés repèrent encore aujourd’hui.

Il y avait une logique dans cette voiture. Une logique d’usage. Et cela se sent. Dans une époque automobile qui vend parfois l’image d’une aventure pour aller se garer devant une pharmacie, la 406 break rappelle une chose simple : l’utilitaire chic existe. Il n’a juste pas besoin de s’habiller en commando.


Le Coupé 406 : quand Peugeot avait encore le droit d’être beau

Le Coupé 406 est à part. Il n’est pas seulement une déclinaison deux portes de la berline. C’est une voiture qui a changé l’image de la 406. On ne va pas se mentir : le coupé 407 qui lui a succédé était une ode au crime.

Pininfarina ne s’est pas contenté d’enlever deux portes et de baisser le toit. Le Coupé reçoit une carrosserie spécifique, une vraie ligne de grand tourisme, un équilibre visuel remarquable. Long capot, arrière fuyant, surfaces propres, détails discrets. Le genre de dessin qui prouve qu’un coupé peut être élégant sans ressembler à un manga énervé.

La gamme du Coupé évolue avec des motorisations 2.0 essence, 3.0 V6, puis 2.2 essence et 2.2 HDi selon les années. Le diesel HDi dans un coupé pouvait sembler étrange au début des années 2000, mais Peugeot assume cette logique de grand tourisme pour gros rouleurs. Stellantis rappelle même que le Coupé 406 HDi reçoit le 2.2 HDi avec filtre à particules, présenté comme une première importante dans le segment des coupés sportifs diesel.

Le Coupé 2.2 HDi est donné par Caradisiac à 136 ch, 314 Nm, 1 435 kg, 208 km/h en vitesse maximale et 0 à 100 km/h en 10,9 s. Sur le papier, cela ne fait pas rêver les amateurs de chiffres bruts. Dans la vraie vie, cela donne une voiture élégante, coupleuse, sobre, capable de traverser la France dans un confort royal. Il y a pire comme définition du bon goût.

Le V6 reste évidemment le plus désirable pour l’amateur. Mais le HDi a une cohérence très française : rouler loin, rouler bien, sans vendre un rein à chaque plein. Une sorte de grand tourisme fiscalement raisonnable. Ce qui, dans notre pays, est presque une forme de provocation.


Taxi : la 406 en survêtement blanc et admission d’air imaginaire

Impossible de parler de la 406 sans évoquer Taxi. Le film sort en France le 8 avril 1998, réalisé par Gérard Pirès, écrit et produit par Luc Besson, avec Samy Naceri, Frédéric Diefenthal et Marion Cotillard. AlloCiné confirme ces éléments de sortie et de casting.

La 406 blanche de Daniel Morales a fait pour l’image populaire de la berline ce que beaucoup de campagnes publicitaires n’auraient jamais réussi : elle l’a rendue immédiatement identifiable. Ridicule ? Oui, parfois. Efficace ? Totalement.

JP Box-Office donne pour Taxi un cumul de 6 522 121 entrées en France, avec un budget indiqué à 8,1 millions d’euros et un box-office mondial autour de 44,5 millions de dollars. Pour une berline familiale française, se retrouver propulsée dans une saga populaire à plusieurs millions d’entrées, ce n’est pas exactement une mauvaise opération d’image.

Évidemment, la 406 de Taxi n’a pas grand-chose à voir avec la 406 HDi du voisin qui partait au camping. Ailerons, appendices, bruitages, transformations improbables : on est plus proche du fantasme adolescent que de la fiche atelier Peugeot. Mais c’est aussi cela, une voiture populaire : elle peut être à la fois outil de travail, voiture de famille, routière confortable et mythe de cinéma vaguement délirant.

La 406 a réussi ce grand écart. Peu de voitures peuvent en dire autant.


Fiabilité : robuste, mais pas immortelle non plus

La Peugeot 406 traîne une solide réputation de fiabilité, surtout en diesel HDi. Caradisiac souligne encore que les versions diesel, notamment HDi, sont prisées, que les essence peuvent représenter de bonnes affaires et que la qualité globale de fabrication donne une image positive au modèle.

Mais attention : une bonne réputation ne remplace pas un entretien. Une 406 a aujourd’hui entre 22 et 31 ans selon les millésimes européens. À cet âge, même une voiture fiable peut présenter des faiblesses liées au temps, au kilométrage, aux propriétaires successifs et à cette grande tradition française consistant à “faire la vidange bientôt”, bientôt signifiant parfois “avant la prochaine alternance politique”.

Les points à surveiller restent classiques : trains roulants, silentblocs, biellettes, corrosion selon usage et région, état du train arrière multibras, distribution selon motorisation, embrayage, volant moteur sur certains diesels, circuit de refroidissement, électronique de confort, lève-vitres, climatisation, état intérieur, historique d’entretien. Les versions HDi fortement kilométrées peuvent rester très intéressantes, mais uniquement si l’entretien suit. Un diesel de 300 000 km bien suivi vaut mieux qu’une “belle affaire” de 180 000 km entretenue à la pensée positive.

Pour le Coupé, il faut ajouter la disponibilité de certaines pièces spécifiques de carrosserie et d’intérieur. Une aile, un pare-chocs, un optique ou des éléments de finition peuvent être plus compliqués à retrouver que sur une berline. La rareté ne commence pas toujours par le moteur. Parfois, elle commence par un bout de plastique idiot, introuvable, qui coûte le prix d’un week-end correct.

La 406, une voiture sportive ?

Alors là, vous me voyez venir avec la Mi16 ou la T16. Perdu. Si on parlait de la STW plutôt ? La Super Tourenwagen Cup (STW) est une catégorie allemande de championnat automobile, créé en 1994 à la suite du départ de BMW et Audi du DTM (Deutsche Tourenwagen Meisterschaft), à la suite d’un changement de réglementation. La STW fut alors créée avec des règles un peu plus souples, plus proches de ce qu’est sensé être un championnat de voitures de tourisme.

Peugeot est le seul constructeur français à y participer. Et c’est là qu’intervient la 406, de façon honorable qui plus est, puisqu’elle gagnera la coupe en 1997 avec l’équipe Peugeot Esso. Sur 20 courses, elle en gagne 10, et fait 17 podium. Pas mal pour la voiture à papa.

Exemplaire bodybuildé, la STW sortait 300 cv du 2.0l 16S ! Bref, sous la silhouette de la berline du commercial pressé se cachait une vraie machine de guerre de circuit, capable d’aller expliquer à quelques allemandes très sûres d’elles que la France savait encore freiner tard, tourner proprement et sortir fort.


Marché 2026 : encore accessible, mais plus pour très longtemps sur les beaux exemplaires

En 2026, la Peugeot 406 reste globalement abordable, mais le marché se segmente fortement.

Les berlines et breaks kilométrés restent souvent dans une zone de prix basse. Les agrégateurs d’annonces montrent encore des 406 en France autour de 1 200 à 4 000 € selon état, motorisation, année et kilométrage. Pour une voiture confortable, capable de rouler loin, avec une vraie personnalité mécanique, c’est peu. Parfois très peu.

Mais les Coupés, surtout V6, ont déjà commencé leur mue. TheParking recense en France des Coupés V6 affichés autour de 8 900 à 10 490 €, et certains exemplaires plus faiblement kilométrés peuvent monter bien au-delà, avec par exemple des annonces à 18 500 € dans les résultats observés.

Cela ne veut pas dire que toutes les 406 Coupé valent ces montants. Cela veut dire que le marché commence à faire la différence entre une vieille voiture et un bel exemplaire. Nuance capitale. Une 406 Coupé fatiguée reste une ancienne à reprendre. Une belle V6 propre, historique limpide, configuration désirable, entretien sérieux, devient une youngtimer de collection crédible.

Le piège, comme toujours, consiste à acheter le prix au lieu d’acheter la voiture. Une 406 à 2 000 € peut être une excellente affaire si elle est saine. Une 406 Coupé à 12 000 € peut être trop chère si elle cache de la misère sous un cuir nourri au produit miracle. La cote n’est pas une absolution. C’est juste une conversation.

Quant aux Mi16 et T16, la cote a déjà grimpé à l’image de toutes les youngtimers. On n’en est pas encore arrivé au phénomène 205 GTi, mais une belle Mi16 se trouve entre 12 000 € et 15 000 € aujourd’hui. Et pour la T16, il faut déjà en trouver une à vendre (1086 exemplaires produits), et lorsqu’il y en a une, il faut monter au-delà des 30 000 €…


Pourquoi la 406 parle encore aujourd’hui

La Peugeot 406 fonctionne encore dans l’imaginaire parce qu’elle coche plusieurs cases devenues rares.

D’abord, elle est lisible. On comprend ce qu’elle est. Une berline, un break, un coupé. Pas un crossover fastback coupé SUV urbain dynamique à vocation émotionnelle, c’est-à-dire un objet conçu pour que personne ne puisse le définir sans brochure commerciale.

Ensuite, elle est techniquement cohérente. Une traction, des moteurs connus, une suspension travaillée, une masse contenue, un bon confort, une vraie autonomie. Ce n’est pas révolutionnaire. C’est mieux : c’est juste.

Enfin, elle appartient à cette période où Peugeot maîtrisait encore magnifiquement l’art de la routière populaire. La 406 n’est pas une voiture de prestige, mais elle sait faire de la route. Beaucoup. Longtemps. Avec une élégance tranquille.

Elle rappelle aussi que la qualité automobile ne se résume pas à la puissance, aux écrans ou au nombre d’assistances. Une voiture peut être bonne parce qu’elle répond précisément à son usage. Parce qu’elle est confortable. Parce qu’elle ne vous fatigue pas. Parce qu’elle tient correctement la route sous la pluie. Parce qu’elle ne transforme pas chaque trajet en événement numérique. Parce qu’elle vous laisse conduire, tout simplement.

Dans un monde automobile saturé de promesses, la 406 a quelque chose de reposant : elle ne promettait pas la lune. Elle promettait Besançon-Marseille, coffre chargé, clim en route, enfants derrière, diesel ronronnant, et arrivée sans drame. Ce qui, honnêtement, vaut bien quelques discours sur la mobilité augmentée.


Faut-il acheter une Peugeot 406 aujourd’hui ?

Oui, mais pas n’importe laquelle.

Pour rouler simplement, une berline ou un break 2.0 HDi 110 bien entretenu reste probablement le choix le plus rationnel. Consommation raisonnable, agrément correct, disponibilité encore acceptable, grande autonomie. C’est la version “outil intelligent”. Mais bon, on va avoir du mal à en trouver une potable…

Pour se faire plaisir sans tomber dans la spéculation, une 2.2 essence 160 ch mérite vraiment l’attention. Elle est moins iconique que le V6, mais offre un excellent équilibre entre performances, douceur et coût d’achat. C’est souvent là que se cachent les bonnes voitures : dans les versions que les collectionneurs n’ont pas encore totalement sanctifiées.

Pour le plaisir pur, le Coupé V6 reste évidemment le sommet désirable. Mais il faut acheter avec méthode : historique, entretien, état carrosserie, trains roulants, intérieur, disponibilité des pièces, absence de bricolage douteux. Une belle 406 Coupé V6 n’est plus simplement une vieille Peugeot. C’est une auto de connaisseur.

Pour l’originalité, un break V6 ou une berline haut de gamme essence peut être un choix savoureux. Pas forcément facile à revendre, pas forcément économique, mais autrement plus attachant qu’une compacte moderne gris leasing avec trois modes de conduite dont aucun ne change vraiment la vie.


Conclusion : la 406, ou l’intelligence automobile avant l’obésité générale

La Peugeot 406 n’est pas une voiture parfaite. Elle n’a pas la sécurité passive d’une berline actuelle, pas la connectivité moderne, pas les performances d’une sportive contemporaine, pas l’image premium d’une allemande. Mais elle possède quelque chose que beaucoup de voitures modernes ont perdu : une cohérence profonde.

Elle a été pensée pour rouler, transporter, durer et rester agréable. Elle a été produite à plus de 1,6 million d’exemplaires, déclinée en vraie berline, vrai break et vrai coupé. Elle a connu le HDi, le V6, Pininfarina, Taxi, les grandes routes, les parkings de supermarché, les départs en vacances et les secondes vies à 300 000 km.

Ce n’est pas rien.

Aujourd’hui, la 406 raconte une époque où une familiale pouvait être élégante sans être prétentieuse, confortable sans être molle, fiable sans être ennuyeuse, populaire sans être vulgaire. Une époque où Peugeot savait encore faire des voitures qui ne cherchaient pas à avoir l’air intelligentes : elles l’étaient.

Et dans l’automobile, comme ailleurs, c’est souvent là que commence le vrai luxe.

Sources principales

  • Les informations relatives au film Taxi — date de sortie, synopsis et casting — s’appuient sur la fiche du film publiée par AlloCiné. Les données de box-office, notamment les 6 522 121 entrées en France, le budget et les recettes internationales, proviennent de JP Box-Office.
  • Les chiffres historiques de production de la Peugeot 406 et la comparaison avec la Peugeot 407 sont issus d’un article de Welt consacré aux 70 ans de la Peugeot 403, qui mentionne notamment 1 667 364 exemplaires produits pour la 406 contre 896 400 pour la 407 : Welt — Tradition : 70 Jahre Peugeot 403.
  • Les données générales sur la Peugeot 406 — années de production, carrosseries, variantes, motorisations essence et diesel, ainsi que certaines caractéristiques techniques générales — sont recoupées avec la fiche modèle disponible sur Auto-Data.
  • Les informations relatives à la Peugeot 406 Coupé, à sa production chez Pininfarina et au cap des 100 000 exemplaires produits proviennent des communiqués officiels Stellantis / Peugeot : 100 000 Peugeot 406 Coupé produits et Letzte Chance auf einen Klassiker.
  • Les caractéristiques techniques de la Peugeot 406 2.0 HDi 110 — dimensions, coffre, masse, performances — sont issues de la fiche technique publiée par Autotitre. Les données concernant la Peugeot 406 2.2 essence 16S proviennent de Caradisiac. Les informations techniques relatives au Coupé 406 2.2 HDi sont également issues de Caradisiac.
  • Les prix neufs indicatifs de certaines versions de la Peugeot 406 Coupé, notamment le Coupé 3.0 V6, ont été vérifiés à partir des fiches techniques de La Centrale et de L’Argus.
  • Enfin, les observations sur le marché de l’occasion en 2026 sont établies à partir des annonces agrégées sur TheParking — Peugeot 406 France et TheParking — Peugeot 406 Coupé France. Ces données doivent être lues comme une photographie du marché à un instant donné, et non comme une cote officielle.

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